• A Mytilène, si vous allez faire les magasins à 16h, vous serez confronté à ça :

    Toute la ville fait la sieste. Parfois même, il n'y a pas de réouverture en fin d'après-midi, comme au Château de Mytilène sur lequel j'ai récemment écrit un éloquent non-article ici-même.

    A Mytilène, la Poste laisse à disposition de tous de petits rammequins de colle, pour les timbres. On n'a pourtant pas couramment l'impression qu'ils cherchent à économiser leur salive !

    A Mytilène, personne n'a une conduite maladroite ou approximative, ça se saurait :

    Ils passent en voiture là où certains Américains ne passeraient pas à pieds.

    A Mytilène, des bus assurent les trajets jusqu'à l'Université. Et L'Université dispose d'une cantine. Et le tout est gratuit.

    A Mytilène, la population approche les 40000 habitants. Mais l'anarchisme y est plus présent que dans n'importe quelle capitale d'Europe : radio autogérée, squat ouvert à tous, réunions diverses... Ils concoctent également une nouvelle médecine à l'échelle sociétale :

     

    A Mytilène, nous avons voulu entrer en contact avec les moutons du coin, mais c'est totalement impossible, ils mettent de gros molosses qui nous menacent ostensiblement dès le premier regard :

     

    A Mytilène, lorsque vous attendez le bus sous une pluie occasionnelle, vous pouvez voir s'arrêter devant vous une petite dame qui vous débitera une phrase en grec sur un ton un peu maternel, avant de vous donner son parapluie et de poursuivre normalement sa route.

     

    Ils sont fous ces Grecs ! Et ça fait du bien.


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  • Kournela est un petit village de l'île, un petit village isolé dont la seule voie d'accès est une route caillouteuse de 3 km qu'on ne remarquerait même pas si une carte de l'île ne nous la pointait pas vaguement du doigt. En guise de panneau, une vieille pancarte illisible se fondant dans le décor. Si vous parlez de Kournela aux gens de Mytilène, la plupart vous adresseront un regard surpris, avant de vous faire répéter cet étrange nom puis de vous informer que "there's no Kournela in Lesvos".

    La particularité de ce village, c'est en fait d'être abandonné.

    Apprenant l'existence de cet endroit, vous imaginez bien que nous nous sommes débrouillés pour aller le visiter le lendemain même, de plus en plus intrigués par les surprises que nous réserve régulièrement Lesvos. Et voici le drôle d'accueil que nous avons reçu : une trentaine de moutons, 5 ou 6 chiens, un cheval et un cochon se précipitant à notre rencontre, suivant la voiture jusqu'à son arrêt. On ne voit pas tout sur la vidéo, mais puisque je l'ai prise :

    Alors, abandonné ou pas ce village ? Après une hésitation de quelques minutes dans notre voiture entourée d'animaux divers, nous nous sommes décidés à en sortir et nous avons constaté que tout ce beau monde, bien qu'impressionnant en quantité, n'avait pas de quoi susciter la moindre frayeur. Nous avons donc marché une dizaine de mètres et nous avons aperçu un homme nous regardant arriver à la porte de sa petite maison. A ce moment, je me suis dit que cet homme-là n'était sans doute pas venu s'isoler dans ce village perdu pour rien, qu'il aimait être seul et que notre présence l'emmerdait probablement plus qu'autre chose. Il nous regardait nous approcher sans rien dire, les chiens se chargeant de combler le silence par leurs aboiements de bienvenue. Et puis "kalimera" (bonjour), présentations, explications sur l'existence de ce village, allez visiter un peu et revenez boire un café.

     

    Kournela

    Kournela

    Kournela

    Kournela

    Kournela

    Kournela

    Kournela

    Kournela

    Kournela

    Kournela

     

    Alors, abandonné ou pas ce village ? En fait, presque, puisqu'il compte l'incommensurable nombre de... 3 habitants : un couple et une femme, dont Michalis, qui nous a chaleureusement accueillis et donné quelques explications. Une société a en fait racheté la quasi-intégralité de Kournela dans le but de faire de l'agro-tourisme, mais tout cela s'est arrêté au stade de projet. Du coup, le village reste ce petit endroit méconnu et isolé dans lequel nous avons passé quelques heures complètement déconnectés du reste du Monde. Et que ça dure !

     

    Kournela

    Michalis et sa veste en mouton.

     

     


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  • Jeudi 10 novembre, 21h19, je dis "à dans 4 jours" à mes coloc' et prends le bateau pour Athènes.

    Vendredi 11 novembre, 7h05, débarquement à la capitale après une excellente nuit très reposante (sic). Un petit coup de métro en guise de madeleine de Proust parisienne, et me voilà dans l'appartement d'un ami d'ami : Theodoris. Un drôle d'énergumène ! C'est un type complètement libertaire et libéré qui a toujours la pêche et est enthousiaste à propos de tout. Etudiant en ingénierie dans l'électricité, coureur de marathon, anarchiste réfléchi. Un peu touche-à-tout, en fait. C'est un type qui laisse toujours la porte de son balcon ouverte au cas où quelqu'un voudrait venir. Et qui s'apprête à me laisser son appartement alors qu'il sera à Dublin ces jours-ci. Inutile de préciser que j'ai beaucoup apprécié cette rencontre et la première balade que nous avons faite dans le centre d'Athènes l'après-midi.

    Vendredi 11 novembre, 10h17, je suis tonton ; mais ne le sais pas encore.

    Samedi 12 novembre, 10h10, je dors sur le canapé de l'appartement de Theodoris. Il part pour Dublin en me laissant un mot en anglais signifiant à peu près : je dois y aller, je te laisse la clé, tu la donneras à mon colocataire en partant.

    Samedi 12 novembre, 10h48, je me réveille, lis le mot. Ne vois aucune clé dans les parages. Ce n'est pas grave, je passerai par le balcon.

    Longue balade dans Athènes toute la journée, rien de spécial. Je n'aime pas Athènes. C'est la ville. Je fais une rencontre sympa (à 16h18) : Khalid, vendeur de montres sénégalais. Je parle avec lui une heure, il me raconte la galère qu'il vit au quotidien. Il n'a pas le droit de quitter le pays, mais les Africains ne peuvent pas y entrer non plus. Résultat, il ne peut plus voir ses proches du Sénégal, il est juste bloqué. Il ne trouve pas de travail, galère ici depuis 4 ans. Il est footballeur dans une équipe amateur de 3ème division grecque ; certains joueurs sont payés, pas lui.

    Samedi 12 novembre, 19h22, je rentre à l'appart'. Pas de trace du colocataire. Pas grand-chose à faire ici, j'écris un peu, jette un oeil à mes cours de grec puis repars me balader. Je tombe sur un cyber-café. J'apprends que je suis tonton depuis hier. Merde, j'avais parié le 12 ! C'est pas grave, il sera intelligent quand même, c'est le fils de ma petite soeur. Il a déjà choisi d'être un marrant en naissant le 11/11/11, c'est bon signe. Je fais un tour sur couchsurfing.org et trouve un gars d'ici avec qui boire un coup demain après-midi à 14h.

    Dimanche 13 novembre, 14h02, j'arrive à la station Panespistimio (Université), Giorgis m'attend déjà. Un gars très gentil, amateur de drum & bass, de bière et d'idées libertaires, ce qui nous fournit pas mal de sujets de discussion. Nous visitons le quartier anarchiste. Nous nous séparons et je prends le métro... Bordel, j'ai passé 8 ans et demi avec Giorgis, que le temps passe vite.

     

    Dimanche 26 mars 2020, 20h14, je rentre à l'appart'. Stupeur, tout est fermé. Le fameux coloc' de Theodoris a dû revenir et repartir. Il ne doit pas savoir que je suis là et n'ai pas de clé. J'insiste à l'interphone, personne. Je reste là à cogiter pendant une bonne demi-heure, puis direction le cyber-café. A 23h18, j'entre dans l'appartement d'Evangelos, mon nouvel hôte couchsurfer.

    Lundi 27 mars 2020, 8h33, réveil. C'est tôt, mais je rentre à Mytilène par le bateau de 12h30 et il faut entre temps que je passe récupérer mon sac à l'appartement de Theodoris, ce qui n'est pas gagné...

    Lundi 27 mars 2020, 10h00, je suis au port, nez à nez avec le kiosque censé me vendre un ticket pour Mytilène. J'ai récupéré mon sac très facilement, mais d'autres péripéties semblent se dessiner : tout est fermé. Je trouve une cabine, appelle la compagnie : pas de bateau aujourd'hui. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ici ? S'il n'y a pas de bateau demain non plus, je m'en vais ailleurs.

    Mardi 28 mars 2020, 11h31, toujours pas de bateau, je m'en vais ailleurs. Bonjour, je voudrais voyager mais je ne sais pas où. Très bien, nous avons des bateaux à 17h30 pour Paros, Syros, Mikonos etc... Je prends Syros, j'en ai entendu parler en bien. J'apprends en lisant mon ticket que nous sommes en novembre 2011. Je ne comprends plus rien.

    Mardi 15 novembre, 12h01, j'entre dans un cyber-café. Couchsurfing, j'envoie 9 requêtes d'hébergement pour le soir-même dans la ville d'Ermoupoli, sur l'île de Syros. Je recevrai 5 réponses positives en quelques heures, mais je ne le sais pas encore. La ville semble pour le moins accueillante !

    Mercredi 16 novembre, 12h16, je me réveille dans l'appartement de Mirto, étudiante en design. Elle doit partir dans le bar où elle sera DJ ce soir pour tester les installations (c'est un nouveau bar). Je pars en vadrouille, visite la ville, apprécie. C'est vraiment un joli coin, plein de petites rues et d'escaliers en pierres. Je n'ai pris que 3 photos parce que je n'y ai pas trop pensé...

    De mercredi 16 novembre, 17h17, à vendredi 18 novembre, 15h44, je rencontre les gens d'ici, bois des bières à 1 euro à l'Université, à 3 euros dans les bars, mange dans une excellente taverne (pléonasme) animée par deux musiciens traditionnels, discute, partage musiques et vidéos avec Mirto. De très bons moments. Les Grecs me parlent tous de Rémi Gaillard, ils sont fans. Grâce à moi, ils connaissent maintenant les 11 commandements de Michaël Youn ! Humour sans texte = humour universel.

    Vendredi 18 novembre, 20h06, je redébarque à Athènes (pas le choix, les seuls bateaux pour Mytilène partent de là). Direction Athènes-centre, chez Giannis, encore un couchsurfer. Je passerai une soirée gentillette, mais sans réellement m'entendre avec ce gars. Pas le feeling, pas d'accroche, je ne sais pas, ça arrive.

    Dimanche 20 novembre, 2h35, je descends du bateau. Ah, Mytilène ! Pour me rendre à l'appartement, je traverse la ville à pieds en prenant soin de passer devant les 2 ou 3 bars-clés où je connais des gens... Personne ! Heureusement que je reviens pour remettre un peu d'ordre dans tout ça.

     

    Conclusion : je suis bien content d'être un voyageur désorganisé et qui ne prévois rien.


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  • De quoi ça s'agit ? Egarement ? Perte de repères ? Mal du pays ? Ah bon... Et bien bizarrement, pas d'inquiétude pour le moment.

     

    La plupart d'entre vous connaissent probablement l'épreuve affective que constituerait pour moi le fait d'être coupé de toute banque française pendant 9 mois. Bien heureusement, je n'aurai pas à faire face à ce deuil.

     

    Pas non plus question de faire une overdose d'appellations sans queue ni tête, notre bonne vieille langue française n'hésite pas à me faire quelques clins d'oeil furtifs :

     

    Quant à la saison de Ligue 1 française, je crois que je lui manque terriblement, alors elle fait le déplacement aussi :

     

    Et puis au niveau de la communication, ici, ils parlent l'étranger, comme dirait Coluche. Quelle idée ! Mais concédons-leur quand même une certaine volonté de progrès :

     

     Y aurait presque de quoi culpabiliser de franciser la Grèce !

     Ca va, ça va, je déconne.

     

    PS : Oui, le montage de la vidéo est pourri.


    3 commentaires
  • En Grèce, la religion est très présente, et toutes sortes de bâtiments orthodoxes et catholiques parsèment le pays. Voici donc un résumé assez complet de ce que j'en retiens :

    Ce que je retiens des monastères

    Une institution qui parvient à mêler morale et discrimination, chapeau.


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